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Le jeune pallikare à la lyre
Le joueur de lyre tel qu'il est décrit par Edouard Brasey dans son très beau roman Quand le ciel s'éclaircira (Editions Plon) : "D'un sac de toile, un jeune pallikare tira une lyre à
la mode crétoise, à trois cordes, et un archet tendu de crins de chevaux
sauvages, qu'il affuta posément au creux d'un morceau d'ambre. Puis il
se dressa dans la nuit, posa son pied gauche sur une pierre et la lyre
sur son genou levé, à la verticale, les doigts de la main gauche flattant
déjà les cordes étendues sur le manche, ceux de la dextre harponnés sur
l'archet, à l'affût au bord du chevalet. Ses camarades se déployèrent
en cercle autour de lui et, en silence, attendirent que le dieu du chant
et de la danse vînt visiter le joeur de lyre. Les yeux fermés, les narines
pincées pour mieux retenir son souffle et le faire passer à travers les
cordes de son instrument, le musicien ébaucha une lente introduction.
Il ne cherchait ni le rythme, ni la mélodie, ni l'harmonie, mais tentait
seulement d'apprivoiser les cordes, de les assouplir, montures à l'échine
rétive, sous ses doigts caressants. La lyre soupirait d'une petite voix
grêle et plaintive, agacée par l'archet encore tâtonnant. Elle bourdonnait
dans la nuit chaude de mai, ruche bousculée par le bâton de l'apiculteur.
Les abeilles frissonnaient , éveillées en sursaut, mécontentes. Le joueur
de lyre devait tout d'abord les calmer, les rassurer, avant de leur demander
de leur offrir l'or de leur miel ; l'or et le miel de la musique et de
la danse. Le marronnier a besoin de vin, |