TÉMOIGNAGE

De Paléohora à Hora Sfakion...

Début de soirée sur Paléohora. Nous arrivons à notre point de départ de randonnée après 2h30 de bus ce lundi de Pâques orthodoxe. Les Crétois sirotent l'ouzo ou le raki à la terrasse des cafénions, les femmes ont sorti les chaises pour discuter et les touristes sont déjà en train de dîner.
Je jette un regard sur le "Kastro" vénitien détruit par le pirate Barberousse ; au loin, dans la pénombre, se découpent les pentes des "Lefka Ori".
Le lendemain matin, après une bonne nuit de sommeil, nous admirons la mer de Libye plate comme un lac, le ciel est couvert mais peu à peu il s'éclaircit et la chaleur commence à se faire sentir.

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Nous avons une montée assez pentue à passer avant d'atteindre un plateau, chaque arbre procurant de l'ombre nous abrite le temps d'une pause où nous buvons sans modération. Une fleur extraordinaire, nous surprend tous : le serpentaire (ou petit dragon). Son unique pétale pourpre, s'ouvre sur une longue tige mais cette beauté masque une odeur fétide. Nous marchons dans la "phrygana", moutonnement de buissons épineux. Romarin, sauge, origan et thym exhalent leurs arômes.

Descente rapide sur Lissos, habité jusqu'à l'époque romaine. De ce passé prestigieux, il ne reste que des pierres et les vestiges d'un temple. Pause baignade.
Après une petite montée et le passage dans une gorge ombragée envahie par les caroubiers et les lauriers nous arrivons à Soughia.
Quel bonheur de poser son sac et de s'asseoir face à la mer devant des salades et mezzes vers 16h

Le lendemain, départ de bonne heure (8h30) pour les gorges d'Agia Irini et le plateau d'Omalos en direction du refuge du Kallergi.

Après un parcours de 45mn sur la route asphaltée en direction des gorges, nous pénétrons dans un monde minéral. Insensibles au vide, les pins s'accrochent à la falaise ; prisonniers de la verticalité, nous ressentons notre petitesse devant la nature qui a creusé, raboté et peint cette faille.
A plus de 1000m, le plateau d'Omalos, que nous atteignons vers 18h après avoir emprunté un sentier pavé comme une voie romaine. Des sommets culminant à plus de 2500m comme le Pachnes et le Gingilos nous entourent de leurs sommets enneigés en ce début de mois de mai.

Une traversée de 55mn nous attend pour passer le plateau et atteindre le pied du Kallergi. Une dernière difficulté nous attend pour arriver au refuge que les plus rapide atteignent vers 20h, pour d'autres 21h30.
Exténués, mes compagnons de randonnée vont me "tordre le cou" ! Le dîner est pris rapidement et Morphée nous prend dans ses bras.

Le matin suivant, pause pour certains qui pansent leurs blessures, pour d'autres c'est le sommet du Melindaou qui les attend, randonnée de 4h pour atteindre le sommet par un vent à écorner un taureau crétois.
L'après midi est consacrée à la détente et au farniente autour du refuge tenu par un gardien autrichien.

Cette nouvelle journée est consacrée à la descente des gorges de Samaria. Nous entamons la descente des 18kms les plus fréquentés de Crète. Nous faisons une petite halte à la chapelle d'Agios Nicolaos et repartons en direction de l'ancien village de Samaria qui a été aménagé en zone de repos et de pique-nique. Plus loin, les "portes de fer" hautes par endroit de 500m se referment sur 3,5 m au plus étroit du passage pour s'ouvrir sur une vallée s'élargissant jusqu'à Agia Roumeli.
Porte de sortie, Agia Roumeli s'est développée autour de l'embarcadère où des hordes de touristes s'agglutinent en attendant le ferry.
Devant la taverne-pension "Tara", Andréa, le sympathique et affable patron, nous attend en faisant tournoyer son "komboloî" ; il nous propose des rafraîchissements.
Longue soirée crétoise dans sa taverne en compagnie de sa charmante épouse (Suissesse de Neuchâtel.)

Le matin suivant nous surprend brutalement et après un petit déjeuner copieux, un premier groupe part en direction de la chapelle d'Agios Pavlos pour prendre le sentier qui serpente à flanc de falaise en direction d'Agios Iannis et les gorges d'Aradena. Rude journée pour eux !
L'autre groupe prend la même direction, mais en longeant le sentier côtier en direction de Loutro.
Nous peinons dans le sable jusqu'à la chapelle d'Agios Pavlos ; puis après quelques heures de marche nous arrivons à la plage de marbre où de charmantes naïades nous présentent leurs rondeurs callipyges. Nous arrivons à la plage de Phénix, but de notre randonnée du jour. Après une bonne douche, nous contemplons la mer devant un verre d'ouzo.

Le lendemain, dernier jour de randonnée en direction de Hora Sfakion, 2h30 environ par le chemin côtier taillé dans la roche, non sans avoir fait une petite halte sur la plage "de l'eau douce".

Texte et photos Richard Zimmermann

[Rubrique témoignages]